Voici l’explication du phénomène de l’intermittence faite par Alain Mangin aujourd'hui directeur du laboratoire souterrain de Moulis.

La conduite avec prise d’air est le système qui reproduit le plus fidèlement les intermittences de Fontestorbes.

Elle est constituée par un réservoir (a) alimenté par une arrivée d’eau (q) et vidangé par une conduite principale (A) sur laquelle débouche en point haut (C) une deuxième conduite (B) dite « de prise d’air » celle-ci est en relation avec le réservoir et ses deux extrémités sont sensiblement au même niveau.

Tant que le débit d’alimentation (q) est supérieur au débit de vidange (Q), le niveau dans le réservoir (a) reste au-dessus (b) du point de départ de la conduite (B) et la conduite (A) coule par conséquent normalement et à plein régime.

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Si le débit d’alimentation (q) diminue et devient inférieur au débit de vidange (Q), le niveau de l’eau baisse dans le réservoir et finit par libérer le point de départ de la conduite (B) qui aspire immédiatement de l’air ; celui-ci produit une forte perte de charge à la jonction (C) des deux conduites :

 

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 il y a alors un écoulement diphasique, c’est-à-dire un mélange d’eau et d’air, d’où diminution radicale du débit de vidange (Q) qui ne cesse cependant pas complètement, ce qui constituerait l’écoulement résiduel que l’on constate à la résurgence et qui a fait classer Fontestorbes dans les fontaines intermittentes.

 

Puisque le débit de vidange est devenu inférieur au débit d’alimentation, le niveau de l’eau remonte dans le réservoir et finit par obturer le départ de la conduite (B) l’air cesse d’être aspiré, la perte de charge disparaît ; donc la conduite (A) se remet à couler à plein, le débit de vidange redevient supérieur au débit d’alimentation, et le niveau de l’eau recommence à baisser dans le réservoir.